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  • Les chemins du zen

Restons dans notre zone de confort !

Vous a t'on déja affirmé que rester coincé dans votre zone de confort renforcait vos peurs et vos blocages et relevait d'autosabotage ? Que si vous n'étiez pas capable d'en sortir, vous manquiez de courage et d'ambitions et que vous n'arriveriez à rien dans la vie ?

Moi aussi j'ai cru à ces affirmations et je les adopté comme règles de vie. Cela m'a conduit à risquer de tout perdre. J'ai appris ainsi à quel point ma zone de confort était précieuse.

Pendant de nombreuses années, le stress était mon allié (c'est du moins ce que je croyais). Le rush d'adrénaline, d'endomorphines et de cortisol qu'il m'apportait était mon moteur. Dopée en permanence, j'était prête à me pousser en avant, à prendre des risques et foncer toujours plus vite et plus loin. Et qu'importe la fatigue souvent écrasante et les phases de tristresse ou d'irritabilité et qu'importe cette sensation insidieuse de ne pas profiter de la vie.

Je voyais dans cette sensation le retour de mes peurs et de mes pensées limitantes et puis n'avais-je pas réussi à acquérir les symboles de la réussite professionnelle ?

Mais plus le temps passait et moins mon inconfort et ma malaise grandissaient. Au lieu de me sentir booster par mes succès, j'étais épuisée et frustrée, je vivais toujours dans la peur de la prochaine crise et ma vie intime ressemblait de plus en plus à une zone sinistrée.

L'instant de vérité est survenu un soir où je me suis écroulée en sortant de mon bureau et je me suis réveillée en soins intensifs; mon coeur avait décidé qu'il en avait assez et mon corps avait fait en sorte que je ne puisse plus éviter le message.

La leçon la plus importante que j'ai appris de cette épisode est qu'en sacrifiant ma zone de confort et en misant sur ma zone de panique, j'avais mis de côté ce qui aurait du être la fondation sur laquelle construire ma vie.


En terme psychologique, la zone de confort est un état dans lequel nous nous sentons en sécurité et en contrôle de nous-même et de notre environnement, un état sans peur et donc sans stress.

Nous devons ce concept à un professeur américain, Robert Mearns Yerkes, qui ayant étudié les réactions de souris soumises à des situations effrayantes, avait noté que plus leur stress augmentait et plus les performances de ces souris augmentaient.

Dans la foulée des travaux de Yerkes, cette association entre peur, stress et performances est devenue très populaire et des milliers de livres ont été écrits nous présentant la sortie de notre zone de confort comme la clé de nouveaux apprentissages et à terme d'une vie plus libre et plus riche.

Aujourd'hui il s'agit là d'une vérité établie pour beaucoup y compris de psychologues et de psychothérapeutes.

Pourtant de plus en plus d'études nous montrent que cette vision reflète surtout le succès depuis les années 90 de l'idéologie ultralibérale et la mise en place dans de nombreuses structures d'environnements ultracompétitifs (voir par exemple le succès du management de guerre dans de nombreuses entreprises). Dans les faits, les conclusions de Yerkes sont aujourd'hui abandonnées par de plus en plus de neuropsychologues qui nous démontrent qu'il n'y a pas de "bon" stress et que la peur est un très mauvais guide et moteur de vie.


De fait, suite aux travaux des pionniers de la psychologie du développement, nous savons que l'enfant pour acquérir de nouvelles capacités, doit effectivement s'aventurer hors de ce qui est strictement connu et confortable pour lui. Mais ce processus, pour fonctionner doit se faire de façon contrôlée grâce aux adultes à la fois guides et protecteurs.

Nous savons de fait qu'aucun enfant ne peut se sentir libre d'explorer et d'apprendre sans un espace de contenance créé et géré par les adultes dans lequel les enfants se sentent absolument protégés et aimés. Nous acceptons qu'un enfant ait besoin de sa zone de confort pour pouvoir grandir de façon harmonieuse. Pourquoi les adultes devraient-il sans priver ? Reconnaitre ce qui constitue notre zone de confort et quelles en sont les frontières, c'est identifier qui nous sommes et quels sont nos nos limites physiques et psychologiques. Ces limites ainsi posées et acceptées, nous savons nous protéger et affirmer nos besoins y compris face aux demandes des autres. Nous savons aussi reconnaitre quand nous devons faire une pause, battre en retraite et revenir sur nos fondations de départ, pour pouvoir mieux repartir ensuite. Notre zone de confort est ainsi un refuge indispensable mais c'est aussi une fondation à partir de laquelle nous pouvons nous construire une vie qui soit en accord avec qui nous sommes vraiment.

Nous savons aujourd'hui à quel point la peur et le stress limitent la possibilité d'intégrer de nouvelles informations et faussent notre capacité à peser le pour et le contre, à décider rationnellement et à prendre du recul face à nos succès et surtout nos échecs. Nous ne sommes pas des souris ! Utiliser sa zone de confort comme point d'ancrage c'est au contraire avoir une vision juste de nos vraies qualités pour pouvoir en jouer pleinement. C'est aussi pouvoir prendre nos décisions, définir nos objectifs et nos plans d'actions avec du recul et une vraie estimation de nos forces et faiblesses et ne pas nous écrouler en cas d'échec. A terme cela permet même d'être plus efficace !

Ceux d'entre nous qui choisissent de vivre à l'intérieur de leur zone de confort arrètent de courir et et de s'agiter dans une perpétuelle fuite en avant. Ils arrétent d'être en guerre contre eux-même et choisissent de s'accepter. Ils se donnent ainsi le droit d'être pleinement eux-même. De fait notre zone de confort n'est pas une prison mais au contraire un extraordinaire espace de liberté.

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